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Leila NEGRAU, passe son enfance entre la Réunion et la métropole au gré des affectations de son père Georges, qui est militaire. La famille de son père est originaire de Quartier-Français à Saint André, ce sont des blancs propriétaires terriens. Sa mère, Marie Louise est née à Saint Denis.

Lorsqu’elle est à la Réunion Leila vit rue Pasteur à Saint-Denis avec une mère qui jouait un peu de piano et lui chantait des chansons et sa grand-mère, madame Georgette Riesser (née Pirtama), mariée à Mr Ernest Riesser un ancien champion de boxe appelé « RIO ».

Sa grand-mère fut l’une des premières institutrices noires de l’Ecole Normale à Saint-Denis. Alain Armand, auteur du « dictionnaire français-kréol réunionnais » en 1987, cite Mme Riesser dans un de ses livres car elle est « celle qui lui a appris à lire et à écrire » confie-t-il. Le grand père de Madame Pirtama- Riesser débarque à la Réunion depuis Pondichéry avec la Compagnie des Indes, il est bijoutier, chrétien catholique. Il s’installe déjà rue Pasteur.

Leila a gardé beaucoup de beaux souvenirs d’enfance comme les charrettes à bœufs qui traversaient sa rue, « les sacrifices malbars » ou ses entrées clandestines au cinéma Plaza ou elle suivait son grand frère, car elle n’avait pas encore l’âge d’aller voir les films de Bruce Lee !!
Ses genoux sont un peu tordus alors le médecin recommande des cours de danse classique ainsi Leila commence la danse dès 5 ans. Puis la famille s’installe à Saint-Paul. A 8 ans, Leila remplit déjà un cahier de poèmes enfantins, à 11 ans elle s’inscrit dans un club de théâtre et plus tard elle poursuivra des cours de danse, de théâtre, puis de percussion et de chant à Paris.

Pour son plaisir Leila Négrau est une écuyère chevronnée, elle pratique le ski, la gymnastique, la natation et aujourd’hui le yoga.

Leila poursuit des études supérieures, un bac philosophie au Lycée Fénelon dans le quartier latin à Saint-Germain-des-Prés à Paris et un BTS de Commerce international. Elle parle couramment anglais, allemand et espagnol.

Jusqu’à ses 20 ans, elle dit « j’ai commencé à gagner un peu de sous avec le théâtre » en jouant dans une adaptation de « l’Ecume des jours » de Boris Vian, et dans Rabelais « Le fameux voyage » mis en en scène par Catherine Bœuf (membre de la Ligue d’Improvisation Française et du Cercle des Menteurs). Le fameux voyage est joué à Paris et bénéficie d’une tournée incroyable au Niger (spectacle à Niamey, Dosso, Tahoua, Agades, Arlit), nous sommes en 1984.
Elle joue aussi du Molière, P.Wedekind, Beaumarchais, Carlo Gozzi, Courteline… et dit : «cela m’a donné le goût d’être sur scène, une ouverture sur le théâtre français et comme dans mes rôles je chantais beaucoup, cela m’a amenée tout naturellement au chant».

Depuis toute petite, elle et son « père yab », écoutaient religieusement le maloya traditionnel en boucle sur les deux vinyles 33 tours, « Peuple maloya » de Firmin Viry et l’histoire, « le maloya, document n° 1 » (1976) avec entre autres Yvrin Lagarrigue…

Elle s’imprègne de cette musique ternaire et ancestrale, solidifie ses racines, ce qui lui permettra plus tard d’inventer son genre, de créer son propre style, son écriture, « son Maloya ». Le maloya est un véritable blues de l’océan Indien, la musique des anciens esclaves de l’île de La Réunion. 

En 1984 Leila est à Paris, au cours d’une soirée chez des amis, accompagnée d’un pianiste, elle chante quelques standards des grandes voix du Jazz (Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan…). Sont présents trois membres du groupe semi-professionnel afro-beat « Fleuve Noir » qui ne jouait que de l’instrumental à cette époque. Ils lui proposent une répétition. Elle s’y rend avec ses textes, et c’est ainsi qu’elle devient chanteuse et auteure du groupe qui assurera les premières parties de Apartheid Not ou de Xalam et d’autres artistes africains connus.
Cette même année, Leila décide de prendre des cours de chant avec la cantatrice Caroline Zaidline soprano II de l’Opéra de Paris et des cours de percussions au sein d’une batucada (ensemble de percussions brésiliennes) avec Ravy Magnifique, un musicien indien. Ce rythme la ramène naturellement au maloya.

Le 21 juin 1985, elle n’a pas encore 20 ans et assure son premier concert avec Fleuve Noir à Paris sur la Péniche Panamaribo quai d’Austerlitz. Au cours de ses prestations, elle est vite remarquée. On lui propose de faire des chœurs en studio avec des groupes africains, Sam Mangwana, Pépé Kallé (Jean-Baptiste Kabasele Yampanya wa ba Mulanga) ou Tshala Muana.

L’aventure avec « Fleuve Noir » dure plus de 4 ans. En 1989, elle accompagne Pierre Akendengué, joue dans le groupe de Rythme N’Blues Chance Orchestra, participe à la tournée internationale du groupe Niagara et intervient entre autre dans le clip de Jean-Patrick Capdevielle « vue sur cour » et de Juan Rozoff « et alors ». Elle est même la vedette d’un documentaire de la télévision japonaise pour un portrait de femme française.

Elle n’abandonnera pas pour autant la danse ou le théâtre. Leila danse pendant 7 ans avec Enéida Castro au centre de danse du Marais (Paris 4è), avec Samy Ateba ou Elsa Wolliaston.  Alors choriste du groupe Niagara, elle est à la télévision en 1989 sur France 2 dans « Champs-Elysées », l’émission de Michel Drucker.

En 1987, Leila écoute Ziskakan « Mon Peï Bato fou » et scande « Oté Sarda twé la roule a nou, ton joli kozman traine a nou dans la boue » !!
Puis en 1989, Leila est en vacances dans son île et rencontre Paul Mazaka, directeur de la Culture du Département et du Festival de Château Morange.  Ce dernier lui offre deux cassettes : une de Ti Fock « Aniel » et l’autre de Sabouk « Racines ». Ravie, elle écoute ces deux répertoires en boucle dans sa voiture et c’est le coup de foudre pour ce style musical.  
Quelques jours plus tard, elle rencontre Ti Fock. Ce dernier l’engage dans son équipe et ils partent en tournée. Là, elle apprend à jouer du kayanm, du triangle et du rouler, les percussions de base du maloya. Elle attrape « la transe », retrouvant les sensations musicales de son enfance. Pendant deux ans, mais à fond, elle tournera avec son mentor, qui l’appellera affectueusement « sofé kafrine dofé ».

Maniant le Kayanm et le rouler comme un « garçon manqué », scandant le maloya comme si son aïeul esclave venait de se réincarner en elle, corps et âme, elle prend de l’assurance, joue dans un style personnel, tignasse de lionne au vent avec une énergie contagieuse. La musique, habillée de mille couleurs, est à l'image de sa personnalité, celle d'une femme épanouie, dynamique et délivrant un message simple, celui de la convivialité et du bonheur sur scène. `

« Quand j’ai vu Ziskakan, Ti Fock, Danyel Waro, Sabouk, j’ai compris vraiment ce qu’est le maloya. J’adore le rythm’n blues, la musique africaine et, pour moi, le maloya c’est comme du blues, c’est une musique qui vient toute seule, très intense. Quand je chante le maloya, c’est un peu ma révolte personnelle que j’exprime, d’autant plus que je m’inspire des histoires de femmes, de leurs luttes pour leurs places dans la société et pour leur liberté » explique Leila.

Imprégnée de la musique de ses guides, Ziskakan, Ti Fock, Sabouk et Danyel Waro qu’elle considère comme l’Edith Piaf réincarnée en homme avec sa voix impressionnante et inimitable, la chanteuse se met à écrire ses textes et pense à composer ses propres chansons.

En 1991, Leila forme son groupe « Leila Negrau » et écume les scènes de son île (Jean-Petit, Sainte-Suzanne…) avec des musiciens prestigieux comme Bernard Brancard, Claude Quipandédié, David Félix, Teddy Baptiste, Alain Iva, Pascal Raymond, ou Bernard Filo. Dalon Production s’occupe de ses concerts. Son répertoire, festif, dansant et convivial, est lié à son univers de chanteuse dynamique et populaire.

En 1992, Leila sort sa première cassette intitulée " Sofé Kafrine Dofé » en collaboration avec Discorama et avec la complicité d’artistes reconnus tels que Gilbert Pounia (Ziskakan) qui lui écrit un texte : « Momon famn ».

A cette époque elle confie : « Je vis de la musique, mais j’avoue qu’il est plus facile d’être choriste que leader. J’ai déjà une bonne expérience dans le milieu artistique et je veux progresser pour aller encore plus loin. Je suis devenue une artiste professionnelle. Je vais continuer à marier la danse, le théâtre, les percussions, la musique. Ce que j’aime c’est la comédie musicale. Ce métier me pousse à une recherche personnelle sur moi-même. Je voyage beaucoup, je dirai que je suis une nomade du milieu artistique ».

Elle aime dire le « blanc-nègre » pour parler du mélange réunionnais, « Si c’est intéressant de revenir aux sources, c’est parce qu’il existe une intégralité de la culture réunionnaise ».

En 1992 Leila revient vivre à la Réunion avec toute la petite famille jusqu’en 2002 et réside successivement à Saint-Paul, Saint-Gilles puis Saint-Leu.
Elle crée l’association Kouler Maloya qui produit et organise tous les événements culturels liés à son travail d’artiste.

En avril 1993, naissance de son fils Massimo de son union avec son époux. « Oui, il n’y a pas de profession qui empêche d’être une épouse et une maman. On a la vie que l’on se donne. Le métier de chanteuse a des inconvénients et des avantages. Il faut s’en contenter. Ne pas être égoïste. Je ne sacrifierai jamais la famille pour aucun métier. Ce qui ne m’empêche pas d’être passionnée. Chanteuse et maman, ce n’est pas incompatible ».

Le 18 octobre 1994, Leila représente les DOM-TOM au concours de la Francovision (250 millions de téléspectateurs) en direct au Zénith de Paris, filmé par France 2 et présenté par Nagui. Elle finira 5è sur 15. Elle emmène dans l’hexagone Eno et Bernard Brancard, et se présente avec son Kayanm pour affirmer encore plus sa différence et montrer le côté non colonisé du maloya. Cette même année, elle est l’invitée de « Matin bonheur », l’émission de France 2 présentée par Lionel Cassan et de Laure Adler dans « le cercle de minuit ».

En 1994, elle ajoute une corde à son arc, en entrant dans le monde fermé du petit écran à RFO, elle remplace tout d’abord Jean-Philippe Stainer dans l’émission « Fil Rouge », « un talk-show en direct et sans prompteur à l’époque ». Puis elle conçoit et anime une émission pour enfants « Caribambelle » enregistrée en direct à la Halle des Manifestations au Port avec 150 marmailles. « C’est une ambiance extraordinaire. C’est très dur quand ils débarquent, mais en même temps c’est un public formidable. Ils réagissent à tout, c’est magique, mais c’est une émission d’enfants, faite par des enfants et l’on propose des choses d’enfants destinées aux enfants. En fait ce sont eux les moteurs et les acteurs ».

Puis une autre « corde » en 1994 : Leila enseigne à la Réunion la danse Afro Brésilienne, la méthode transmise par la grande Eneida Castro à Saint Leu, Saint Denis et La Saline les hauts.

En 1996 Leila Négrau retourne au théâtre et joue « Rosso » et chante dans la pièce « Millénium » de la compagnie Vollard écrit et mis en scène par Emmanuel Genvrin.

Toujours en 1996, elle compose et son album, « Jolie Madame » est produit par la société Déclic Blue Silver à Paris (Zouk Machine, Ralph Thamar, Burning Spear, Edith Lefel) représentée par Clément Duret à la Réunion.
Les arrangements sont signés Lionel Gaillardin, (guitariste de Véronique Sanson, Bill Deraime, Laurent Voulzy, arrangeur de Karenn Ann, Benjamin Biolay… entre autres) et fondateur du groupe « Il était une fois ».

 « C’est de la World music que j’ai voulu faire sur ce coup-là, tout en préservant un cachet local et une authenticité réunionnaise, car la couleur maloya c’est l’identité métisse, évidente à La Réunion. La couleur maloya, c’est notre propre couleur, celle que l’on s’invente, c’est son mélange à soi. Ainsi, « Jolie Madame », apporte aussi sa touche personnelle au maloya, c’est un mélange d’influences. On est bercé par toutes ces conséquences culturelles venues d’Afrique, d’Asie, d’Arabie ou d’Europe. La couleur maloya c’est l’arc-en-ciel ». (art.Le Quotidien 1996).

Elle a droit à un clip pour la chanson « Dans tes bras » et à une campagne de promotion télévisuelle. Elle est sélectionnée pour la finale du Prix Adami-Média  « les Découvertes 96 de RFI (Radio France Internationale )».
Puis Leila joue en 1997 le rôle de Jasmin dans la pièce « Lepervenche » une autre création du Théâtre Vollard. Ensuite direction les Seychelles avec son groupe de musique pour le Festival International Créole du 24 au 28 octobre 1996.

En 1997, en direct et en public au Divan du Monde sur France Inter, Leila a interprète deux titres devant Jean-Louis Foulquier. Il est sous le charme et lui propose plusieurs rendez-vous, le 19 avril dans son émission télévisée « Capitaine Café » sur France 3, et dans « Pollen » sur France Inter puis un concert aux Francofolies de la Rochelle en première partie de Carlinhos Brown la même année.
Leila sera aussi sur TV5 et MCM International pour l’émission Africa Live, 35 minutes de concert au programme. Ensuite elle participe à la demi-finale du Prix Adami Sacem dans les Hauts-de-Seine. Elle est présente à Kabaréunion et au Festival Créole des Seychelles.

En janvier 1998, le merveilleux cadeau, c’est la naissance de sa fille Oumarani.

Leila reprend la danse et part très vite en tournée (en mars) à Madagascar, aux Seychelles, aux Comores et à l’île Maurice avec la Compagnie « Des pieds et des mains » de Valérie Berger pour un spectacle intitulé « salade de fruit ».

Nous sommes en août 1998 lorsque Meddy Gerville arrange pour Leila Négrau un titre d’Alain Peters (Panié si la têt), qu’elle a choisi pour l’enregistrement de l’album « Marronage » du groupe Malavoi. Cet événement est organisé dans le cadre du cent cinquantième anniversaire de la signature du texte de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. La tournée qui s’en suit est internationale, Leila y participe et se produit en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, au Zénith de Paris, à Belfort (ville ou Victor Shoelcher fait promulguer le décret du 27 avril 1848 qui abolit définitivement l’esclavage en France). Sont notamment invitées Marie Josée Alie (auteure compositeure de « caressé mwin ») et Edith Lefel. Une Production Déclic Blue Silver.

En novembre 1998 Jérôme Galabert et son équipe l’accueille pour une résidence et concert au Séchoir à Piton Saint Leu. Avec les membres de son association Kouler Maloya Leila conçoit écrit et produit le spectacle intitulé « Leila Négrau et les spirituels ».

Une période de sa vie très intense puisqu’en 1999, elle revient à l’animation télé et fait les lancements de plateau de « Comme sur un nuage » une émission hebdomadaire de Emmanuel Barreaud et Jean Manuel Prudhomme (Inedit Production), diffusée sur Antenne Réunion.
En août 1999, Elle sort le single « Esperanza » (Déclic Blue Silver), une fusion qui navigue entre musique latine et rock sans oublier de passer par La Réunion. « C’est du mambo rock en phase avec la mouvance de cette fin de siècle, toujours avec la collaboration de mon ami Lionel Gaillardin » un titre co écrit avec Benjamin Biolay.

En 99 toujours Leila Négrau apparaît dans l’émission télé « Africa Live » sur MCM International le 21 septembre, ensuite deux scènes, l’une à Deauville pour le «Top Résa» le 23 septembre et le lendemain au «Divan du monde» à Paris. A cette époque son équipe de musiciens réunionnais l’accompagne en voyage.

Pour clôturer cette année 99, une résidence de 15 jours au Plaza de Saint Louis va donner naissance au tout nouveau spectacle de Leila « les Contes de Négrau ». Joué le 19 novembre dans cette salle, le 20 décembre à Cilaos, le 22 janvier à Saint André et le 15 avril 2000 au théâtre de Saint Gilles. Pour cette création, Leila choisit toujours la pluridisciplinarité, ce mélange dans la diversité des arts auquel les Réunionnais sont habitués depuis ses précédents spectacles.

La grande année du changement de millénaire, en 2000 donc, Leila crée un nouveau spectacle intitulé « Négrau de l’île » joué lui aussi au théâtre de St Gilles. Un spectacle qui associe : musique, danse, théâtre, moringue, tambours malbars et peinture en direct sur scène et qui sera joué le 20 mars, au Théâtre de Saint-Gilles avec sa petite bande, Bernard Filo (batterie), Alain Iva (basse), Thierry Borne (accordéon), Pascal Raymond (claviers), Laurent Chapelain (guitare), Yannis Chambi Djumbamba (percussions), Philippe Zora (chœurs), renforcée par ses invitées, Laurence Beaumarchais et la danseuse Maji Torres (de la Cie Torres Limited, Mr Jean Marc Torres (dcd en 2016) est alors professeur de danse au conservatoire régional à la Réunion).

En juin 2000, elle est la marraine de l’opération « Et toi t’en dis quoi ? Attention i fé mal (Alcool - Tabac- Zamal) », un CD de cinq titres, enregistré au studio Digital, dans le cadre d’un concours d’écriture sur la toxicomanie. Un projet artistique novateur au service d’une des causes de la santé publique. Ce concours a reçu un accueil inespéré, et près de 1300 jeunes, âgés de 11 à 25 ans, ont relevé le défi. Leila choisit deux poèmes pour les mettre en musique et de leur côté, Zong, Analyse et le groupe de rap du chaudron « Canyar Eduqués dans la Cour » (CEDC) font de même.
 
Entre autre moments, et pour son amour du théâtre et du jeu, Leila retrouve en 2000 le chemin des planches au Centre Régional d’art Dramatique de l’Océan Indien. Une première fois en début d’année, dans le rôle de Bibi Feroza à l’occasion d’une lecture scénique du « Mâhabarata des femmes » de K. Madavane, en compagnie de Baguette Patrick Huguet (décédé en octobre 2000), de Laurence Beaumarchais et de Chandra Pellé.

Le 23 juin, c’est autour de la lecture de « la Maison qui marchait vers le large » du Mauricien Carl de Souza que Leila retrouvera le théâtre du Grand Marché avec Baguette, Dominique Carrère, Nicolas Stojic et Arlette Nourly.

En 2000 Leila enseigne au Lycée des Avirons aux classes de seconde européenne, Elle met en scène de « The wall » de Pink Floyd.  Et l’année suivante, dans le même lycée, une comédie musicale basée sur un conte traditionnel intitulé : « Ulysse roi ».

En 2001, le roman de Carl de Souza est adapté pour le théâtre par Vincent Colin directeur du Centre, Leila prend le rôle de Zermaine (la bonne). Assurément une aventure artistique et humaine extraordinaire avec entre autres, Nirupama Nityanandan comédienne de Ariane Mnouchkine au théâtre du Soleil à la cartoucherie de Vincennes (elle y joue Lady Mac Beth en 2018). Leila est sur scène avec Maryse d’Espaignet, une Mauricienne, Jean Pierre Moulin (la voix de Jack Nicholson et Antony Hopkins au cinéma), Gaston Valayden et Olivier Mussard, les costumes sont de Teresa Small. La pièce est jouée à Paris au théâtre de la tempête pendant trois semaines (Cartoucherie de Vincennes), au théâtre de Rose Hill à l’île Maurice (après une longue résidence), et bien entendu au théâtre du Grand Marché à Saint Denis.

Cette année 2001 est riche de rencontre pour Leila qui est le coach vocal du projet « Zenfan la terre » dont l’auteur compositeur n’est autre que Jean Paul Cadet qui a écrit « kaskavel ». De jeunes chanteurs et chanteuse répètent des chansons originales, vont en studio pour enregistrer et jouent sur scène. Ce projet est organisé par l’amicale Laique des deux quartiers à Saint Leu, Colimaçons, Bras Mouton. Son coordinateur est Max Galbois.

 

En 2002, notre chanteuse aux mille facettes part s’installer à Sète (Hérault) avec toute sa famille et vient chaque année à l’île de la Réunion pour travailler sur plusieurs projets notamment la création mêlant la danse, le chant et le théâtre.

Mais en 2002 forte de ses connaissances en l’allemand, elle veut exporter son Maloya en Europe et Leila négocie avec l’OFAJ et la société de production Come4 Event, la tournée musicale associée au Rallye Paris Berlin. Pendant deux semaines le groupe va suivre un cortège de jeunes conducteurs sensibilisés aux risques des dangers de la route. Une collaboration franco-allemande qui les emmène sur scène à Strasbourg, Nuremberg, Leipzig, Constance, Nancy, Dijon Reims, Erfurt et la grande arrivée à Berlin.
Pour la fin de l’année, Leila Négrau et Catherine Bœuf (LIF) qui sont restées complices, écrivent « La fille qui cherchait ses mots au milieu de l’eau » présentée le 28 décembre 2002 au Séchoir à Piton Saint-Leu, sous forme d’un digest livré en avant-première aux professionnels exclusivement, avec l’aide de Valérie Berger.

2003 : Production et organisation du spectacle « l’île de la Réunion en musique » qui part en tournée en Allemagne. Leila met en scène Davy Sicard et Tatiana Ehrlich.

Agréée par la DRAC et le Rectorat de l'Ile de la Réunion validé en 2001 par la région Languedoc Roussillon pour l'enseignement du chant choral bilingue (anglais) en milieu scolaire Leila Négrau est diplômée pour l’enseignement du chant chorale et individuel, elle donne des cours privés, est coach vocal et anime une chorale enfant et une chorale adulte avec l’association « Jazz à tous les étages » à Montpellier à la maison Fréderic Chopin quartier des beaux-arts. Cela pendant les 7 années qui suivent.

En 2004, avec son association Leila organise un concours à Saint Denis (anciennement cité des arts). Davy Sicard est finaliste et Leila l’emmène lui et son groupe (K. Mariapin, Tania Borysthène) en Allemagne pour les Francophonics de Berlin et de Cologne.

En 2005 Leila conçoit un plateau dans lequel elle veut mettre uniquement des femmes sur scène : « Deux femmes deux îles » est créé en résidence au théâtre de l’Etang salé et joué à la Réunion et au Dounia à Madagascar en 2006.
La tournée continue jusqu’en 2006 à laquelle elle ajoute une chanteuse Haïtienne Bessy Gordon Smith. Les trois femmes se produisent dans le monde entier.
Pendant ce temps, Leila écrit aussi un nouvel album « Oumassi » qui sort en 2006 chez Bonsaï Music Distribution EMI, un opus dédié à ses enfants, Leila confie la réalisation et les arrangements à Lionel Gaillardin et Olivier Roman Garcia (guitariste de Imany, Pierre Vassiliu, ou Michel Arbatz). Sans cet album la musique de la chanson « Si j’étais une fille des îles » est composée par Franck Langolff (décédé en 2006) qui a écrit « Joe le Taxi » et « Tandem » pour Vanessa Paradis, « Morgan de toi » pour Renaud. Ils répètent et enregistrent ensemble au studio Bonsaï à Paris.

En 2007, 2008 et 2009 à Sète Leila et les membres de son association gèrent et organisent un projet écrit et conçu par Leila. Il s’intitule « l’Ascète de la musique » (le jour de la fête de la musique, le 21 juin, dédié aux musiciens en herbe).

En 2008, Leila s’intéresse à d’autres îles et décide de vivre en Nouvelle Calédonie pour y mettre en place un tout nouveau projet. Notre chanteuse effectue de nombreux aller-retour, (Nouméa/Réunion/Sète). Elle veut travailler avec les femmes Kanaks qui n’ont « droit à rien » (droit canaque, droit tribal, les femmes sont considérées comme objets de droit et non sujet de droit). Certains spectacles se déroulent au centre culturel Jean-Marie Tjibaou en présence de Madame Marie-Claude Tjibaou et son fils.
En parallèle Leila écrit un autre spectacle avec un chanteur populaire là-bas : Edou. Le concert sera présenté au Femme Funk Festival, au Centre Tjibaou à Nouméa et à la Réunion au Port à la Foire des Mascareignes en 2009. Elle joue avec son nouveau groupe composé de : Olivier Roman Garcia, Bénilde Fodjo Foko et Séga Seck, pendant 2 ans dans le festival Femme Funk (elle était sur scène le jour où le Maloya est devenu patrimoine de l’Unesco).
Ce groupe est invité le 20 avril 2009 à Mexico où Leila Négrau représente son île pour le festival Ollin Kan organisé par le district de Tlalpan, quand se déclare l’épidémie de grippe porcine.

Cette bête de scène du spectacle vivant et ses musiciens sont sortis indemnes de cette crise sanitaire. « Je n’étais pas paniquée, mais j’avais juste des inquiétudes sur le comportement à adopter, les règles sanitaires à observer etc. Personne ne nous a donné de masques et on ne nous a rien expliqué de concret, sinon que nous devions souvent nous laver les mains. Alors, nous n’avons plus touché personne et plus de bisous. Je redoutais d’être gardée en quarantaine. Mexico a même subi un tremblement de terre le 27 avril, alors que pouvait-il nous arriver de plus ? Ah si, ils nous ont perdu nos bagages au retour à Londres. Mais pas le moindre contrôle de santé, pas de masque chez les hôtesses dans l’avion, rien à Heathrow (notre escale) et rien à Paris. J’étais stupéfaite !!! De retour en France, j’ai travaillé ensuite en mon âme et conscience en utilisant constamment du gel hydro alcoolique pour les mains. Je n’ai touché personne, pas même mes enfants. Je me dis, avec frayeur, que si j’avais été atteinte du H1N1, j’aurais pu en contaminer du monde dans l’intervalle ! » (JIR en date jeudi 7 mai 2009).

« Les scènes des trois dernières semaines au Mexique ont été annulées. Cependant, Leila a été reprogrammée en 2010 pour quatre concerts là-bas, heureuse de repartir dans ce pays ou règne malgré tout une ambiance formidable, une vraie confraternité internationale, ce qui est très agréable. En plus ce festival Ollin Kan se décline aussi au Portugal où nous avons été invités du 16 au 19 juillet 2009 ».

Pendant son séjour dans le Pacifique Leila travaille beaucoup, avec son association elle fait venir les groupes Simangavole et de Nathalie Natiembé invitées du festival Femme Funk en 2009 et 2010, ces groupes jouent à Nouméa mais aussi en tribu au Nord de la grande terre et à Lifou.

Après ce long voyage, en 2012 la « kafrine do fé » revient à la Réunion et organise « Famn Dobout », pour la journée internationale du droit des femmes en partenariat avec la mairie de St Paul. 

Difficile de respecter une chronologie tant la liste de ces prestations est longue mais dans le désordre et durant toutes ces années la chanteuse et son équipe enchaînent les concerts, les apparitions radios et télés. En voici une liste non exhaustive.
Elle est invitée trois fois pour représenter la Réunion au Ministère des Outre Mers, ainsi elle côtoie successivement, Mr François Mitterrand et Mr Béregovoy, Mr Chirac avec Mr Baroin, et Madame Ericka Bareigts. Elle est même invitée en 2016 à la mairie de Paris par le Crefom dont elle fait partie, pour jouer devant Mr Hollande une chanson engagée « Va te coiffer » !!! Ce titre est aussi celui de son dernier album.

En Tournée, elle se voit confier la première partie de Laurent Voulzy, Juliette, la Grande Sophie, Ceu, Césaria Evora, Bebel Gilberto. Le groupe se produit dans le monde : au Fiesta Sète, Quand je pense à Fernande, les voix vives de la méditerranée, au Bidasoa folk au Pays Basque, au Festival Femmes Funk à Nouméa, au Rain Forest en Malaisie, au Ollyn Kan au Mexique et au Portugal, au Sud à Arles, au Sakifo, à Berlin et à Cologne pour les Francophonics, au 100 Club de Londres, à Melbourne au Centre Culturel Français et à l’Afro Hub, en Argentine à Buenos Aires, au Mexique à Zacatecas, en Suisse, à Mèze, à Millau, à Montpellier (au Rockstore, au JAM et à Victoire 2), à Paris (au Petit Journal Montparnasse, au Divan du Monde, au Cirque d’Hiver, au Zénith, à la Foire de Paris)..

 

En 2010, Leila invite Edou musicien néo-calédonien à la Foire des Mascareignes au Port. En 2007, elle est conviée sur France Inter dans l’émission « Le Fou du Roi », présenté par Stéphane Bern. En Juillet 2010, elle participe au « Rain Forest Festival in Malaysia ».

Un nouvel Album sort en 2011, intitulé « Kouler Maloya ». Il est réalisé par Philippe Verdier (producteur de « Mets de l’huile » de Reg’lyss, et « T’as cassé la tête à Gaston ») de de Fatal Mambo, sonorisateur de Omar Sousa et de Dimoné.

Depuis 2012 Leila n’arrête pas et enchaîne les prestations. En septembre 2015, son 4è album « Va te coiffer » voit le jour, réalisé au studio Bonsaï à Colombes, toujours avec la complicité de ses amis musiciens notamment Lionel Gaillardin et Olivier Roman Garcia à la guitare, au mix, à la réalisation et aux arrangements.

Quelques apparitions au cinéma : concert de fin dans « Les monos » en 2013. En 1998 rôle principal pour un film expérimental « Partition pour deux aiguilles » avec PK11 production de Léa Jamet et Théo Trifard. Figuration dans « Demain nous appartient » à Sète en 2019. Et des voix en post prod pour les films « The Call », « Zulu » et « Candy Crush » directeur Jean Marc Pannetier depuis 2015.

Depuis qu’elle est en métropole Leila Négrau veut faire connaître la musique réunionnaise dans le monde entier et crée des modules pédagogiques intitulés : « l’île de La Réunion en musique » dans lesquels elle partage sa connaissance du maloya et du séga, sa maîtrise des percussions réunionnaises et sa connaissance de l’histoire de la Réunion à travers sa musique.
Ces ateliers ont lieu lors des festivals où le groupe est invité, ou bien de façon isolé dans les conservatoires, les établissements scolaires ou les lieux de cultures comme au Jardin d‘acclimatation (Paris 16è) en 2011.

En 2018 Leila écrit et réalise le spectacle intitulé « Fom ek tambour dépi l’esclavaz lontan » en résidence au Palaxa à St Denis avec le Lycée Leconte de Lisle, un concert présenté lors des Fêtes du 20 décembre au Barachois. En 2019 sa création s’appelle le « Tambours des dames tam » joué à Cilaos en 2019 avec le Collège Alsace Corré Salle Piton des Neiges.  Et en 2020 après des ateliers à Correns (Var PACA) la nouvelle réalisation s’appelle «Marmay la Rényon la fé maloya». Ce spectacle doit être mis en scène à la Réunion en décembre 2020 avec les collèges du 12è, du 14è, du 23è au Tampon et le collège Marcel Goulette à Piton St Leu. Le Spectacle devrait être diffusé au Théâtre Luc Donat et à St Leu.

En 2017 Leila enregistre l’émission « le Bal à Juan » diffusé sur France O et TV5 Monde avec Juan Massenya et Gil Alma (acteurs de « nos chers voisins »).
En 2020 Leila est sur France 3 dans « Les témoins d’Outre Mers » diffusé jeudi 10 septembre.
Leila, l’une des étoiles réunionnaises des Musiques du Monde, est une personnalité unique qui vit ses chansons avec une sincérité et une grande aisance sur scène.

 

 

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